New York District (New York Police Judiciaire)

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17 Août 2018


La Loi du Pire (New York, Unité Spéciale et la franchise Law & Order)
Publié par Léo Soesanto dans Blogs Les Inrocks le 05/04/09.


Chez le marchand de journaux, Le Nouveau Détective (ou Hot Video) fait partie de ces couv’ de magazine qu’on essaie de ne pas regarder ostensiblement, mais plutôt du coin de l’œil, planqué derrière son Closer alors qu’on fait la queue pour payer. « Assassinée le jour de son anniversaire », « décapité par son poissonnier », « massacre au mini-golf », ce genre de titres. Ce qui ne nous empêche jamais de ne jamais rater un épisode de New York, Unité Spéciale (Law & Order : SVU en anglais), qui fait son miel du même type d’affaires. Oui, mais voilà, un gamin mort, dans un sac, dans une rivière, c’est en France durassien, provincial, sublimement d’en bas. A New York, c’est séduisant, urbain, italo-calvinesque. New York, Unité Spéciale (photo plus haut) suit une brigade de flics spécialisés dans les crimes sexuels, de l’enquête jusqu’au procès. Constantes : c’est glauque, souvent gigogne, toujours pervers. Une affaire en cache une autre, débouche sur des dilemmes judiciaires/moraux au tribunal et le fin mot de l’histoire est toujours le plus tordu.

La série est le spin-off d’une vénérable série de Dick Wolf, institution US à la diffusion erratique de ce côté de l’Atlantique, Law & Order (tout court) ou New York, Police Judiciaire ici, à la formule invariable depuis 1990 : le meurtre, l’enquête (par une paire d’inspecteurs vieux briscard/junior), la procédure judiciaire. Cette dernière est a priori la plus passionnante, l’enquête étant une succession (rapide) de fausses pistes jusqu’à ce que la bonne soit dévoilée (à la moitié de l’épisode), où les transitions entre scènes sont assurées par un gimmick mémorable (dans toutes les séries de la franchise) : un écran noir, où s’affiche le lieu, l’heure de la scène, accompagné d’un bruit dramatique/synthétique qui ne correspond à rien de connu/audible (une porte de prison, une boîte de biscuits qui se ferme ?), appelé aussi pour rire « le bruit de la caisse enregistreuse de Dick Wolf ». Tout série-phile le connaît sans pouvoir le bruiter correctement à la bouche – comme lorsque l’Homme qui valait 3 milliards se met à courir au ralenti. Avec ses héros fonctionnaires esquissés (on ne sait rien ou presque de leur vie privée) qui ne sont pas mais font, la série est avant tout un démontage du système judiciaire, scotchant les spectateurs dans un pays très procédurier, mais peine à passionner ici – où l’on préfère les médiateurs justiciers, genre Sans Aucun Doute.

En France, ce sont donc les spin-off euh… racoleurs de la franchise qui font l’audience sur TF1 : Unité Spéciale donc, ou New York, Section Criminelle (Law & Order : Criminal Intent) et ses enquêteurs psychologues. Ce dernier dérivé tient surtout grâce à l’épaisseur du héros principal, le détective Robert Goren, somme de tics (écarter les bras sur les lieux du crime pour jauger, tordre la tête) intensément interprétée par l’acteur Vincent D’Onofrio (révélé par son rôle de troufion psychotique dans Full Metal Jacket). Du guignol peut-être, mais qui le distingue de ses insipides confrères d’Esprits Criminels qu’on regarde, ou plutôt écoute, pour ses grandes citations déclamées avec la même efficacité qu’un Kad Merad lisant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme un 14 juillet.

Mais les autres spin-offs centrés exclusivement sur l’aspect judiciaire (Conviction, New York, Cour de Justice) ne firent pas long feu aux Etats-Unis, comme si l’aspect policier était nécessaire à l’équilibre du spectateur – ce qu’avait compris David E. Kelley en chargeant singulièrement ses séries d’avocat en fantaisie (Ally McBeal), en problèmes persos (The Practice) ou les deux (Boston Legal). La franchise fait en tout cas rêver à l’étranger, au vu de ses remakes russe (pour Unité Spéciale) ou français : Paris : Enquêtes Criminelles est ainsi une version pas folichonne de Section Criminelle, avec Vincent… Perez en moitié de D’Onofrio. Les Anglais s’y mettent aussi avec Law & Order : UK depuis février dernier, plutôt convaincant avec son Londres en fantasme urbain, sa touche exotique (les avocats et juges à perruque) et cette violence tranquille couvant sous la théière, comme dans L’Inspecteur Barnaby, même lorsque la première dizaine d’épisodes est censée adapter les scripts US. On y voit Jamie Bambler (l’Apollo de Battlestar Galactica) en flic ayant enfin retrouvé un accent british, perdu quand il pilotait son vaisseau Viper.

Article issu de Blogs Les Inrocks et
initialement publié le 05/04/09.




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