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18 Octobre 2018


'Special Victim Unit' présente... l'avventurra de DSK
Publié dans Telerama le 22/09/11.


Un homme d’une soixantaine d’années, élégamment vêtu, remet sa cravate. Il quitte sa chambre d’hôtel. Un instant plus tard, une femme de ménage en larmes se précipite sur une de ses collègues, et lui annonce qu’elle vient d’être violée… Cette scène vous fait penser à l’affaire DSK ? Ce n'est pas un hasard. Special Victim Unit, « SVU », est une série qui reprend les faits divers plus ou moins importants de la presse new-yorkaise et les romances pour les intégrer à un épisode. Dès le début de l’été, son créateur et producteur Dick Wolf avait promis de se pencher sur l’affaire DSK, « un incroyable matériel » s’enthousiasmait-il alors.

« Les événements qui suivent sont purement fictifs et ne font référence à aucune personnalité réelle », précise un carton en ouverture de cet épisode peu subtilement intitulé Scorched Earth (« Politique de la terre brulée »). Mais cette précaution légale ne dupe personne. Pas plus que le nom du DSK fictif, Roberto Distasio (interprété par Franco Nero), diplomate… Italien, qui aspire à devenir… premier ministre. Naffisatou… pardon, Mariam Deng, est, elle, soudanaise, et non plus guinéenne. C’est par ces détails, lourdement soulignés, que Wolf se « protège » d’une éventuelle – et bien entendu souhaitée – comparaison entre sa série et la réalité.

Le scénario de la presse
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a suivi l’affaire DSK, dans ses grandes lignes et sa médiatisation en tout cas. Tout y est : l’arrestation dans l’avion – où Distasio, qui reluque le postérieur des hôtesses un verre de champagne à la main, les accueille d’un « ah, vous avez retrouvé mon ordinateur portable » au lieu du téléphone – la sortie du tribunal, hirsute, sous les flashs ; l’envoi à Rikers Islan ; la location d'une vaste maison en plein New York, la manifestation de femmes de chambre, ou encore son épouse qui prend sa défense, etc. Côté « Mariam Deng », on retrouve aussi presque tout. Sa détresse, sa vie seule avec ses enfants, ses mensonges, et jusqu’à ce coup de fil qu’elle passe à une amie – et non plus un ami en prison – pour savoir si elle peut tirer un quelconque profit de cette affaire.

La comparaison s’arrête là. Sans doute bouclé avant l'abandon de la procédure par le procureur de l'affaire DSK, l’épisode ne prend pas le même virage que la réalité. Distasio y est clairement présenté comme un machiste sûr de son fait, pas nécessairement coupable mais capable de lancer des répliques comme « ce que les femmes veulent, je le vois dans leur regard, pas dans leurs mots. »

Mariam, elle, est la victime d’un viol en temps de guerre, une réfugiée politique qui a exagéré ce traumatisme (elle déclare avoir été victime d’un viol de groupe) pour obtenir un droit de séjour, et « menti » sous serment en ne disant pas qu’au Soudan, elle avait été accusée de prostitution après ce même viol… Elle n’a pas d’avocat dans cette version télé – on ne verra pas non plus le procureur – et Distasio fait face à un jury.

Une fin sans la fin
Il faut dévoiler la conclusion de l’épisode pour être complet (quittez la page si vous préférez la voir par vous même, quand il sera diffusé sur TF1). Face aux mensonges de son accusatrice, Distasio n’est pas condamné pour viol. En revanche, il écope d’une plus petite peine pour séquestration – et quitte l’écran les menottes aux poignets. Une condamnation qui apparaît clairement méritée, tant Distasio est antipathique et tant Deng semble victime de son passé et de sa faiblesse…

Au final, cet étonnant exercice d’adaptation de la réalité est, pour toute personne ayant suivie l’affaire DSK, d’une rare vacuité. On peut s’amuser au jeu des 7 erreurs, mais la fainéantise du scénario saute aux yeux tant il s’agit là de recopier paresseusement les faits – jusqu’au jugement – en les enveloppant d’une vague apparence de fiction. Rejouer ce genre d’actualité ne réussit guère à New York Unité Spéciale, qui s’en sort mieux quand elle s’inspire de crimes anonymes en inventant l’essentiel de l'histoire…

Article issu de Telerama et
initialement publié le 22/09/11.




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